Quand le vol de vêtements détruit aussi les sites de dons

Quand le vol de vêtements détruit aussi les sites de dons

Les deux photos ci-dessus ne montrent pas simplement un débordement de vêtements. Elles illustrent une réalité peu connue du public : les conséquences directes des vols dans les conteneurs de dons.

Derrière chaque site saccagé, il y a une chaîne complète d’impacts humains, environnementaux et financiers qui frappe de plein fouet les organismes d’économie sociale comme Fondation La Collecte.

Et contrairement à la croyance populaire, ces situations ne sont pas causées uniquement par un surplus de dons. Très souvent, elles débutent par des intrusions illégales dans les conteneurs.

Une problématique documentée partout au Québec

Ce phénomène est rapporté depuis plusieurs années par plusieurs médias québécois.

En 2017, TVA Nouvelles rapportait que des vols à répétition forçaient un organisme de Granby à réparer constamment ses conteneurs et à absorber des pertes financières importantes. Les voleurs forçaient les cadenas et utilisaient même des perches pour extraire les sacs de vêtements.  

En 2026, Radio-Canada publiait également un reportage sur les bennes de dons souillées et vandalisées après des intrusions et du tri sauvage effectué directement sur les lieux. Radio-Canada – Bennes de dons souillées et vols de vêtements

Le problème ne touche pas uniquement les conteneurs. Des organismes communautaires québécois ont aussi vu leurs entrepôts complètement dévalisés, entraînant des pertes majeures de vêtements destinés aux familles vulnérables.  

Ce que le public ne voit pas

Lorsqu’une personne entre illégalement dans un conteneur, elle agit à ses risques et périls. Ces équipements ne sont pas conçus pour être pénétrés de l’intérieur.

Mais au-delà du danger humain, le véritable problème commence souvent après le vol.

Les sacs sont ouverts sur place.
Les vêtements sont étalés au sol.
Les articles sont triés directement dans le stationnement.
Ce qui n’est pas jugé “revendable” est abandonné sur le site.

Résultat :

• vêtements souillés par la pluie, l’huile, la boue ou les déchets
• accumulation de sacs éventrés
• pollution visuelle importante
• plaintes des commerçants et propriétaires immobiliers
• appels municipaux et interventions d’urgence
• augmentation massive des coûts de nettoyage

Et lorsqu’il pleut, la situation empire rapidement.

Une grande partie des textiles devient alors irrécupérable et doit être dirigée vers l’écocentre ou l’enfouissement, même si ces vêtements avaient initialement été donnés pour être réutilisés.

Un coût invisible pour Fondation La Collecte

Chaque site vandalisé entraîne des dépenses opérationnelles importantes :

• déplacements d’urgence des équipes
• temps supplémentaire des chauffeurs
• carburant et utilisation des camions
• nettoyage manuel du site
• remplacement ou réparation des cadenas et équipements
• perte des dons récupérables
• détérioration de la relation avec les partenaires propriétaires des terrains

Et contrairement aux grandes chaînes privées, les organismes d’économie sociale absorbent ces coûts directement dans leur mission.

Pour Fondation La Collecte, cela signifie moins de ressources disponibles pour soutenir sa mission sociale avec Grands Frères Grandes Sœurs du Grand Montréal.

Chaque sac détruit ou contaminé représente :

• une perte environnementale
• une perte économique
• une perte sociale

Une confusion importante à clarifier

Il est aussi essentiel de rappeler que Fondation La Collecte ne collecte pas les déchets.

Nos conteneurs sont destinés uniquement :

• aux vêtements utilisables
• aux chaussures
• aux petits articles domestiques réutilisables

Lorsque des sites deviennent des zones de tri sauvage ou de dépôts illégaux, cela crée une confusion majeure avec les services municipaux de gestion des déchets.

Cette confusion nuit directement aux organismes communautaires et à leurs partenaires.

Un enjeu environnemental réel

Le saccage des sites crée également un impact écologique important.

Selon une enquête du journal 24 Heures, plusieurs organismes québécois débordent déjà de textiles de faible qualité liés à la surconsommation et à la fast fashion.  

Quand les vêtements sont laissés au sol sous la pluie ou mélangés à des déchets, leur potentiel de réemploi disparaît complètement.

Le résultat :

• augmentation des volumes envoyés à l’écocentre
• hausse des coûts de transport et de disposition
• perte de matière réutilisable
• augmentation des émissions liées au traitement des déchets textiles

Une responsabilité collective

La majorité des citoyens donnent avec de bonnes intentions.

Mais pour préserver ces dons, il faut aussi protéger les sites de collecte.

Quelques gestes simples peuvent faire une énorme différence :

• ne jamais déposer de sacs à l’extérieur d’un conteneur plein
• signaler un débordement avant de déposer
• utiliser la collecte à domicile lorsque disponible
• dénoncer les intrusions et le vandalisme
• privilégier des dons propres et utilisables

La protection des dons commence avant même leur collecte.

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Sources citées

Radio-Canada – Bennes de dons souillées et vols de vêtements
• TVA Nouvelles – Vols à répétition dans des conteneurs à vêtements à Granby 
• Journal de Montréal – Vol dans un organisme offrant des vêtements aux enfants 
• 24 Heures – Parcours des vêtements donnés au Québec